Robert Combas

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Il y a des artistes qui parlent de leur ville au passé, et d’autres qui n’en finissent pas d’y revenir. Robert Combas appartient à la seconde catégorie. « Plus j’habite autre part, plus je me sens Sétois », dit-il. Né à Lyon en 1957 dans une famille sétoise, arrivé à Sète à quatre ans, pionnier de la figuration libre, exposé dans le monde entier, il n’a jamais cessé de peindre, de dessiner et de raconter l’île singulière. À l’âge où beaucoup regardent derrière eux, ce qui l’occupe n’est pas la reconnaissance mais une question très concrète : que deviendront ses œuvres, et comment en laisser une trace durable là où tout a commencé.

Un enfant de Sète devenu figure de la figuration libre

Robert Combas naît à Lyon le 25 mai 1957, par hasard, comme il aime le dire : sa famille est sétoise et s’installe à Sète en 1961. Il y passe son enfance et son adolescence, de 4 à 20 ans, entre un père ouvrier et une mère agent d’entretien, puis étudie aux Beaux-Arts de Sète, où il rencontre Hervé Di Rosa, avant ceux de Montpellier. Il appartient à la génération qui invente, au tournant des années 1980, la figuration libre, un mouvement pictural dont Sète est l’un des berceaux et qui bouscule alors l’art contemporain français avec ses couleurs franches, son dessin décomplexé et ses emprunts à la bande dessinée, au rock et à l’imagerie populaire. Le nom même du mouvement est forgé par l’artiste Ben à l’été 1981, lorsqu’il expose à Nice deux Sétois, Combas et Di Rosa. L’artiste décrit lui-même ces débuts comme ceux d’une bande de marginaux plus que de voyous, avec un côté punk assumé. Sa peinture, nourrie par la lumière méditerranéenne, s’inscrit selon lui dans une tradition européenne, loin de l’étiquette de provocation qu’on lui a longtemps collée.

Le mouvement a essaimé bien au-delà du bassin de Thau, mais il reste attaché à cette ville de bord de mer qui a vu grandir plusieurs de ses figures. Le musée Paul Valéry a consacré plusieurs expositions à Robert Combas, et c’est au MIAM, Musée International des Arts Modestes, fondé par Hervé Di Rosa, que son groupe Les Sans Pattes a donné son premier concert, pour les dix ans du musée.

Sète comme matière première

Combas a vu sa ville se transformer au fil des décennies. Il en garde la nostalgie d’un Sète où il y avait tout à faire, où certains habitants n’avaient pas encore l’eau courante, où tout n’était pas forcément beau mais possédait déjà une forte identité provinciale. Ses souvenirs d’enfance le ramènent au quartier haut, où habitaient ses grands-mères et où il déjeunait le midi. Pour lui, le symbole sétois ultime reste l’église Saint-Louis, celle qui donne son nom à la grande fête de la ville.

Les joutes, elles, occupent une place particulière. L’artiste dit n’avoir aucune filiation avec ce milieu et ne pas y être impliqué, ce qui ne l’a jamais empêché de les peindre. Son tableau A quoi l’O ? Les joutes sétoises, daté de 1992 et mesurant 73 sur 100 centimètres, en est la trace la plus connue. Il en parle avec la nostalgie d’une époque plus rude et en même temps plus drôle, quand on se tapait dessus sur le canal et que les mêmes voix commentaient les passes au micro depuis des années.

Des œuvres dans la ville

Une partie de son travail vit à ciel ouvert. Il est l’auteur de la mosaïque qui orne une ancienne fontaine située près de la médiathèque Mitterrand, appelée à être déposée dans le cadre de la transformation du site. Sur le même secteur, il doit réaliser la fresque de la façade de la nouvelle salle Georges-Brassens, un chantier qui prolonge sa présence dans l’espace public sétois. Sa manière de résumer sa démarche tient en une phrase : « Je travaille pour le futur ». Quand il fait une salle, dit-il, c’est pour qu’elle reste longtemps.

Depuis 2021, il développe aussi des fresques lumineuses : ses peintures sont projetées sur des volumes architecturaux, dont elles épousent le relief pour créer des illusions optiques et un univers en mouvement. La façade de l’Hôtel de Ville de Sète a servi d’écran à ce vidéo-mapping en septembre 2023, pour les 350 ans de la fondation de la ville.

Rassembler l’œuvre : une donation et un futur musée

Depuis une vingtaine d’années, Robert Combas travaille à la donation de ses œuvres. Avec son épouse Geneviève Combas, qui cosigne aussi ses fresques lumineuses, il rassemble documents et pièces conservées afin de constituer un fonds cohérent, avec une conviction simple : les œuvres doivent rester là où elles font sens.

Le projet a pris forme en 2026. Invité d’honneur de la Saint-Louis, l’artiste a annoncé une donation majeure à la Ville de Sète. Le 14 septembre 2026, le maire Hervé Marquès a annoncé la création d’une fondation consacrée au peintre, et le conseil municipal du 21 septembre a avancé sur le dossier : environ 500 œuvres, dont 206 peintures, destinées à être réunies dans un lieu d’exposition qui reste à trouver. La donation est double : après la disparition du couple, la Ville recevra aussi leur villa, avec la maison, l’atelier et les archives, pour former un pôle muséographique en deux lieux complémentaires.

Cette maison, juchée sur les flancs du mont Saint-Clair, fonctionne déjà comme un petit écosystème. Dans cet écrin végétal où se côtoient des dizaines d’œuvres de l’artiste, on trouve des ateliers, des bureaux et des espaces destinés à des résidences d’artistes. Le couple achète aussi, quand il le peut, des œuvres d’artistes sétois moins connus, une forme de soutien discret au vivier local que la conjoncture rend plus difficile.

Les Sans Pattes, l’autre terrain de jeu

Au début des années 2010, après des décennies de carrière visuelle, l’artiste se lance dans la musique avec le groupe Les Sans Pattes, fondé avec le plasticien Lucas Mancione, un projet qui mêle son, audiovisuel et arts plastiques. Le groupe s’est ensuite enrichi du saxophoniste lyonnais Lionel Martin et d’Olivier Chambriard ; le plasticien Marc Duran a également participé à certaines formations. Les musiciens se produisent régulièrement sur les grandes scènes de la ville, comme le théâtre de la Mer ou le théâtre Molière, où leurs sets s’accompagnent de projections vidéo.

Invité d’honneur de la Saint-Louis

En 2026, la Ville de Sète a fait de Robert Combas l’invité d’honneur de la 282e fête de la Saint-Louis. Fidèle à lui-même, l’artiste a préféré parler d’héritage plutôt que d’honneurs, et c’est à cette occasion qu’il a annoncé sa donation. La distinction dit surtout la place qu’il occupe dans l’imaginaire local : celle d’un créateur qui puise dans ses racines une énergie brute et fait rayonner l’identité sétoise bien au-delà du bassin de Thau. La même année, Geneviève et Robert Combas investissaient le Pont du Gard pour l’été, entre exposition et mapping projeté sur le monument, preuve que le format monumental reste l’un de ses terrains favoris.

Question fréquemment posées

Sétois de famille et de cœur, oui, mais il n’est pas né à Sète. Il est né à Lyon le 25 mai 1957, par hasard selon ses propres mots, et sa famille s’est installée à Sète en 1961. Il y a grandi jusqu’à 20 ans, entre le quartier haut où vivaient ses grands-mères et une ville alors en pleine transformation. Parti pour la région parisienne au début des années 1980, il n’a jamais cessé d’y revenir, et le couple possède une villa sur les flancs du mont Saint-Clair.
Un mouvement pictural né au tournant des années 1980, dont Sète est l’un des berceaux. Son nom a été forgé par l’artiste Ben en 1981, lorsqu’il a exposé à Nice deux Sétois, Robert Combas et Hervé Di Rosa. Il se caractérise par des couleurs franches, un dessin décomplexé et des références à la culture populaire, la bande dessinée et le rock. Robert Combas en est l’une des figures fondatrices.
Ses œuvres circulent surtout dans les expositions temporaires des musées sétois. Dans l’espace public, il est l’auteur de la mosaïque qui orne une ancienne fontaine près de la médiathèque Mitterrand, et une fresque de sa main est prévue sur la façade de la nouvelle salle Georges-Brassens.
Il les a peintes, notamment dans A quoi l’O ? Les joutes sétoises en 1992, tout en disant n’avoir aucune filiation familiale avec ce milieu. Il regarde les joutes en Sétois, pas en pratiquant.
Il est en projet. En 2026, l’artiste a annoncé une donation d’environ 500 œuvres, dont 206 peintures, à la Ville de Sète, et le maire a annoncé en septembre 2026 la création d’une fondation consacrée au peintre. Le lieu qui accueillera les œuvres reste à trouver. À terme, la villa du couple sur le mont Saint-Clair, avec son atelier et ses archives, doit compléter l’ensemble.

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